• Manuscrit ... 

    Manuscrit…

       Il y a quelque chose de désuet dans ce mot...

       ouvrage écrit à la main…comme un parfum d’hier ,
       du passé…
    et pourtant qu’est-ce que j’ai pu aimer ça

       avant de pianoter au clavier….

       j’en ai noirci des pages et des pages…

       pas toujours à la poursuite d’ idées ou d’ états d’âme ,

       mais bien souvent pour le simple plaisir

       de la sensation de la plume qui glisse sur le papier…..

       de la suivre ou la précéder dans ses circonvolutions….

       une secrète jouissance à former des mots…
       des phrases…
    des lignes déroulées à l’infini
       sur la surface lisse et quadrillée…

      

    J’appartiens à une génération
    où la communication épistolaire tenait encore une grande place 

    dans le quotidien des relations humaines…bien avant les mails

    alors que le téléphone n’avait pas encore atteint l’expansion qu’on lui connaît aujourd’hui….
    on écrivait beaucoup…et j’adorais ça…

     

    Comme beaucoup je suis progressivement venu au clavier….

    de machine à écrire dans un premier temps….

    puis à celui de l’ordinateur….

    une invention fabuleuse pour l’amoureux des textes et des mots…

    je fais du « tapuscrit »…

    le plaisir est différent , ce que l’on perd en jouissance gourmande

    au contact de l’encre et du papier ,

    on le gagne en efficacité et confort  rédactionnel….

    mais j’ai toujours près de moi , à portée de main et de regard…

    stylos, crayons et feutres préférés

    que je n’utilise plus guère que pour prendre quelques notes rapides ,

    mais que je ne peux m’empêcher de saisir à tout moment

    pour la simple volupté de leur contact dans la paume ou sous les doigts….

    ils restent inconsciemment , maintenant et pour toujours ,

    au-delà du prolongement de ma main

    et même si leur fonction n’est plus qu’abstraite et symbolique ,

     le meilleur vecteur de transmission de ce que j’ai dans la tête…ou sur le cœur…


      

    (30 octobre 2008)

      

     

     

     

      

      

     


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  • Plaisir d'écrire ..... 

    Plaisir de l’écriture…..

    Toute la sensualité d’un mouvement

    issu d’une impulsion du cerveau pour aboutir au bout des doigts…

     

    Je sais que vous êtes nombreux comme moi

    à accorder une extrême importance à l’outil qui les prolonge…

    qui va donner vie  à la plus vaine des chimères…

    même pas encore l’ombre d’une pensée…

    .le crayon pour certains…H HB ou B suivant les goûts..

    soigneusement taillé très pointu....acéré…précis…..

    le feutre pour d’autres…ou  encore la pointe-bille…aux couleurs de l’humeur…

    moi…c’est le stylo plume….ma marotte…

    j’en ai une collection impressionnante ,

    attachée à des décennies de passion scribouillarde…

    on pourrait penser que tout est bon pour tracer des signes sur du papier….

    c’est en partie vrai…en partie seulement…

    parce que les maniaques de l’écriture sont aussi la plupart du temps

    des fondus de l’instrument « scribatoire »…

    on écrit différemment selon la nature de l’objet qui trace les contours de notre pensée….

    pour certains on leur voue une passion irraisonnée sinon irraisonnable

    qui les hisse au rang sacré de fétiche ou talisman…..

    ça peu durer le temps d’une tocade ou beaucoup plus…c’est selon….

     

    Depuis une douzaine d’année…c’est le cas de mon « Harley-Davidson »…..

    en dehors de fabriquer des motos

    il leur est arrivé accessoirement de donner dans le stylo ….

    le mien…je ne pourrais plus m’en passer…

    il me faudrait un temps fou pour en faire un nouveau à ma main….

    j’aime son volume…sa texture…

    et surtout la souplesse et la douceur de sa pointe arrondie

    quand elle glisse sans accroc et en silence

    sur la surface vierge du papier pour donner forme à une idée….

    un souvenir…ou une émotion…….

     

    Il méritait bien que je lui consacre un billet….

    entre nous deux…c’est mieux qu’une longue habitude…

     

    une vraie complicité……..


    (2 novembre 2008)


     

     

     

     

     


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  • Le Saint de Manhattan ..... 

    Lors de mon périple en Amérique de sud ,

    il m’est arrivé de croiser à maintes reprises un grand gaillard hirsute , aussi débraillé qu’efflanqué ,
    l’œil vissé à son appareil photo il mitraillait sans relâche…tout et n’importe quoi sans distinction…
    une véritable boulimie photographique….

    intrigué , j’ai fini par lui demander le nombre de bobines qu’il avait en réserve pour alimenter et soutenir un tel rythme frénétique…Il m’a répondu…..

    - Je n’ai pas de pellicules….
    l’objectif de mon appareil est en prise directe avec mon cerveau
    et ma mémoire … j’emmagasine un maximum pour les jours sans ….

    quand je ne pourrai rien faire d’autre que de me passer le film…-

     

    J’ai pensé très fort à lui hier soir en regardant l’excellent DVD  de Tim Hunter….. 
    » Le Saint de Manhattan » ( The Saint of Fort Washington )….

    histoire bouleversante de deux naufragés de la vie qui se raccrochent désespérément l’un à l’autre pour ne pas couler tout à fait .....
    Le vieux (Danny Glover) .... SDF du jour au lendemain ....
    comme ça arrive plus qu’on ne le pense de nos jours ….
    et le jeune (Matt Dillon) … abandonné de tous et complètement désarmé
    à sa sortie de l’hôpital Psychiatrique où il soignait sa schizophrénie…..
    touchant de candeur naïve…. photographe sans pellicule…
    à cadrer inconscient des risques ses compagnons de misère .... jusqu’à y laisser sa vie ….

     

    Il entendait des voix…..comme Moïse ou Jeanne d’Arc… au dire de son vieil ami….
    un saint qui se serait trompé d’époque…..

     

    ( 8/12/2008 )

      

      

     


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  •  

     

    ….La beauté dans l’instant ….

    vanité de croire en la pérennité créatrice….

    tout n’est que temporaire….

    un éclair plus ou moins bref dans l’espace temps..

     

    J’aime la fragilité intemporelle de l’éblouissement….. 

    »..et rose elle a vécu ce que vivent les roses….l’espace d’un matin…. »…disait le poète….

    il avait tout compris…

    le miracle est dans la fulgurance et le renouvellement perpétuel…

     

    Effet mer….

    qui apporte… qui emporte…

    œuvre de sable….comme un rêve envolé…

     

    Diaphane inconstance d’une volute  fumée dans un rayon de jour….

    forme lascive ,  mouvante …..

    qui va se dissoudre… se fondre dans l’irréel

    gravure indéterminée sur l’écran rétinien…….. 

    Sculpture liquide…

    que l’œil trop imparfait ne peut saisir…..
    fraction de seconde en suspend

    que l’on tente de retenir …désespérément…..

    sensibilité d’un objectif….au millième……

    Dessins sur la peau…

    le corps dans une autre dimension…

    en faire une œuvre d’art unique….

    avant de l’effacer

    et la noyer dans les effluves enivrantes d’un sel de bain ……

     

    Chefs d’œuvres glacés…..chef d’œuvres d’hiver

    à la merci du premier redoux…..

    Ville….et ses murs couleurs….

    et ses murs qui chantent….un sourire…

    un peu de joie dans la grisaille….
    de la craie sur un trottoir….embarquement pour l’illusion….
    vers l’étrange…..vers l’ailleurs….
    jusqu’à la première averse….


    Humeur du jour .....Entre Dos Aguas ... Paco de Lucia ... 

     


     


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  • Corto .....

     

     

    Hommage
    au talent d'un grand Monsieur...
    dont je me sens très proche...

    Hugo Eugenio Pratt est un dessinateur et scénariste de bandes dessinées italien, né à Rimini en Italie le 15 juin 1927. Il est mort à Pully (près de Lausanne) en Suisse, le 20 août 1995.

      

     

    Hugo Pratt est notamment le créateur de Corto Maltese. De l'œuvre de Pratt on peut retenir quelques mots-clé, indissociables de sa vie : voyages, aventure, érudition, ésotérisme, mystère, poésie, mélancolie... On a dit de son dessin qu'il était « intelligent ». Son sens des contrastes entre le noir et le blanc et ses talents de conteur ont fait de lui un des plus grands maîtres du « neuvième art ».

    Dans ce que raconte Pratt de sa propre existence, on ne sait pas vraiment quelle est la part d'exagération ou d'affabulation qu'il a introduite.

    « J’ai treize façons de raconter ma vie et je ne sais pas s'il y en a une de vraie, ou même si l’une est plus vraie que l’autre. »

    Aventurier moderne, il a traversé les époques en dilettante ; ici touriste, ailleurs impliqué, sans doute jamais vraiment engagé. Il pourrait être l'un des multiples personnages de son œuvre, car il a mené une vie presque aussi mouvementée et cosmopolite que celle de son héros emblématique, Corto Maltese.

      

    Corto .....


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